L’association « Les amis de Eva de Vitray-Meyerovitch » a pour objet d’organiser, de promouvoir et de soutenir toute action qui vise à mieux faire connaître l’œuvre et le cheminement personnel de l’écrivaine et traductrice Eva de Vitray-Meyerovitch (1909-1999).
L’association souhaite contribuer à mettre en lumière la dimension universelle du patrimoine spirituel, artistique et intellectuel transmis par Eva de Vitray-Meyerovitch à un large public.
Enfin, après plus d'un an de tergiversation, nous allons enfin organiser notre première journée d'hommage à Eva de Vitray Meyerovitch.
Cette journée d'hommage aura lieu le dimanche 19 décembre 2010 au "Forum 104" : 104 avenue de Vaugirard - 75006 Paris
Si vous désirez soutenir activement cette journée, vous pouvez adhérer à l'association des amis de Eva de Vitray Meyerovitch (prix de l'adhésion : 15 €). Pour cela il suffit de demander un bulletin d'adhésion à l'adresse suivante : eva.de.vitray@gmail.com
En voici une brève présentation :
Eva de Vitray-Meyerovitch : la quête de l’Absolu
Dimanche 19 décembre 2010
Journée d’hommage
Forum 104,
Salle des Glycines 104 rue de Vaugirard 75006 Paris De 14h à 19h30
« J’ai essayé de faire connaître ce que je crois être le vrai visage de l’Islam…
Etre musulman ou être musulmane, c’est s’en remettre dans la paix à un Absolu ... »
Eva de Vitray-Meyerovitch
Entretien avec Pierre Assouline, 1982.
Licenciée en Droit, docteur en Philosophie, chercheuse au C.N.R.S, traductrice et écrivain, Eva de Vitray-Meyerovitch fut une spécialiste avertie du soufisme. Elle fit connaître à un large public francophone l’œuvre de Muhammad Iqbâl et, par lui, celle du grand poète persan Djalâl ad-Dîn Rûmî. Depuis décembre 2008, son corps repose à Konya (Turquie) à proximité du mausolée de Rûmî, qui fut à l’origine de l’ordre des derviches tourneurs. « Les Amis d’Eva de Vitray-Meyerovitch » vous invitent à une journée d’échange et de partage autour de cette belle figure de l’islam en Occident.
14H : Accueil et discours introductif de la présidente de l’association des amis d'Eva de Vitray Meyerovitch.
14H15 à 14H45 :Projection d’un documentaire d’Annie Walther intitulé "Sur les traces d’Eva de Vitray Meyerovitch". Annie Walther est partie sur les traces d'Eva de Vitray Meyerovitch, pour cela elle a interrogé plusieurs personnalités qui ont bien connu de près ou de loin cette figure singulière du 20ème siècle.
15H15 à 17H15 :Table ronde avec la participation des intervenants suivant :
- Père Michel Lelong :ordonné prêtre en 1948 à Tunis, docteur d'État ,Professeur à l’Institut Catholique de Paris, secrétaire pour les relations avec l'Islam, consultant au Vatican pour les relations islamo-chrétiennes, Officier de l'Ordre national du Mérite et Chevalier de la Légion d'honneur, il est l'auteur de plusieurs ouvrages traitant de l'Islam et de ses rapports avec l'Église. Il a bien connu Eva de Vitray avec qui il a longuement collaboré dans l'association "Islam et occident". Cette association a organisé plusieurs conférence internationale sur l'islam en général et Mohamed Iqbal en particulier.
- Faouzi Skali : Anthropologue, écrivain et spécialiste du soufisme. Fondateur du Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde. Directeur et fondateur du festival de Fès de Culture Soufie. Membre du Groupe des Sages pour le dialogue des peuples et des cultures dans l’espace euro méditerranéen. Membre du World Faith and Development Leaders. Membre du C 100 : Conseil des 100 personnalités du Forum Economique Mondial pour l’Initiative de Dialogue entre l’Occident et le Monde musulman . Il est un des représentants en Europe du cheikh Hamza de la confrérie Qadiriya Boudchichiya. Il est l’auteur de nombreux ouvrages sur le soufisme. Il a bien connu Eva de Vitray avec qui il a co-écrit l'ouvrage "Jésus dans la tradition soufie".
- Jean-Louis Girotto : Ingénieur-chercheur, rédacteur en chef du site www.soufisme.org et de la revue "Soufisme d'Orient et d'Occident", il est à l'origine de le création de l'association des amis de Eva de Vitray. Il a entrepris depuis peu l'écriture d'une biographie de la vie d'Eva de Vitray Meyerovitch.
- Yildiz Ay : Sa soeur Mukkerem,rendait régulièrement visite à Eva. Un jour, elle emmène avec elle sa soeur Yildiz qui sont par la suite devenu de proche amis. Elle a largement contribué au transfert de la dépouille d’Éva auprès du tombeau de Rumî.
- Kudsi Ergûner : né à Diyarbakir, il est l'un des rares musiciens turcs à avoir suivi, en matière de musique savante ottomane, un enseignement traditionnel initiatique, aussi bien spirituel que musical, auprès d'un maître, son propre père. Il s'installe à Paris en 1975, poursuit des études de musicologie et d'architecture, fait découvrir la musique soufie au public occidental et crée l'institut Mevlana pour l'étude de la musique classique et de l'enseignement soufi (1981). Il a bien connu Eva de Vitray avec qui il partagé la même passion pour l'oeuvre de Rûmi, les derviches tourneurs et la confrérie soufie des Mevlevi.
- Colette Nour Brahy : Née à Liège (Belgique), philologue, auteure , fondateur de l’Association Art Promotion (Liège), administrateur de la Fondation Sciences-Arts-Culture en Wallonie. Artiste autodidacte, elle a exposé à Paris, Montpellier, New-York, Berlin, Islamabad, Karachi.Elle apprend les philosophies et les arts d’Orient lors de nombreux séjours dans le sous-continent indien où elle découvre la musique soufie. Elle fut une confidente et une amie proche de Eva de Vitray Meyerovitch.
- Marie-Odile Delacour : Psychanalyste, écrivain. A longtemps travaillé avec Jean-René Huleu à la redécouverte de l'œuvre et du personnage d'Isabelle Eberhardt, sujet de leur dernier ouvrage, "Le voyage soufi d'Isabelle Eberhardt". Elle est la présidente de l'association des amis d'Eva de Vitray Meyerovitch.
17H15 à 17H45 : Echanges avec la salle
17H45 à 18H30 : Collation : thé à la menthe et pâtisseries orientale
18H30 à 19H30 : Sama avec les confréries Alawiya, Qadiriya Boudchichiya et Mevlevi
(ce programme est provisoire, Sous réserve de modifications)
Participations aux frais :
5 € pour tous
Gratuit pour les adhérents.
Si vous désirez soutenir activement cette journée, vous pouvez adhérer à l'association des amis de Eva de Vitray Meyerovitch (prix de l'adhésion : 15 €). Pour cela il suffit de demander un bulletin d'adhésion à l'adresse suivante : eva.de.vitray@gmail.com
Partenaires :
Association Isthme (www.isthme.org)
SalamNews et SaphirNews (www.saphirnews.com et www.salamnews.com)
Les amis d’Eva de Vitray Meyerovitch, regroupés en association depuis le printemps 2009 souhaitent organiser une journée d’hommage en mémoire ce cette islamologue parisienne (1909 – 1999). Licenciée en Droit, docteur en Philosophie, chercheuse au C.N.R.S. dont elle dirigea le service des Sciences Humaines, traductrice et écrivain, Eva de Vitray-Meyerovitch publia au total une quarantaine d’ouvrages.
Elle fit notamment connaitre à un large public francophone l’œuvre de Muhammad Iqbal et, par lui, du grand poète persan Rûmî. Elle est également devenue une spécialiste avertie du soufisme.
Amie d’hommes remarquables comme Irène et Frédéric Joliot-Curie, Louis Massignon, Theillhard de Chardin, Germaine Tillion, Amadou Hampaté Ba, Najm oud-din Bammate ou le fils de Muhammad Iqbal, elle fut honorée dans plusieurs pays pour sa contribution à une meilleure connaissance des traditions spirituelles. Elle fut aussi la première femme invitée à enseigner à l’université d’Al-Azhar au Caire.
A travers cette journée d’hommage, nous voudrions inviter les personnalités qui l’ont connue ou qui l’ont étudiée afin de témoigner de son parcours remarquable. Dialoguer autour de son œuvre et de ses idées.
Depuis décembre 2008, son corps repose à Konya (Turquie) à proximité du mausolée de Rûmî, cet événement symboliquement important nous a fait prendre conscience qu’il était important de lui rendre hommage en France.
L’œuvre d’Eva de Vitray-Meyerovitch a largement contribué au rapprochement entre Orient et Occident. Ses nombreuses missions au Maghreb, Koweit, Arabie Saoudite, Iran, Turquie, Soudan … témoignent de la fécondité du dialogue des cultures.
J’aimerai avant de commencer mon discours, remercier le Centre Culturel Mevlana de Konya, ainsi que la mairie de Konya pour cette invitation. Je suis très heureuse d’être ici parmi vous pour inaugurer ce discours en la mémoire de deux êtres chers : Djallal Ud Din Rumi (Mawlana) et Eva de Vitray Meyerovitch (Hawa).
Le fait de parler de ces deux personnes ne vient pas de ma propre volonté mais de leur Universalisme. Penser Mawlana en tant qu’un grand poète mystique soufi et fondateur de la tarîqa mawlawiya ne me suffit pas pour exprimer sa grandeur à travers l’Islam. Il dépasse même les frontières religieuses. Il est le symbole d’une pensée, d’un amour, d’une tolérance, d’une paix qui s’adresse à toute l’humanité. Mawlana trouve cette inspiration de ces sentiments à travers l’Islam, à travers la culture turque. Il les exprime, les grandit, les offre à l’humanité.
Les conflits actuellement qu’il y a entre les hommes provient de ce manque d’amour, de l’égoïsme, de ne pas donner à l’homme la valeur qu’il mérite. Mawlana trouve les solutions de ces problèmes de l‘être humain à travers sa citation : "Sois tu es comme tu le sembles, sois tu sembles comme tu es". Nous constatons de même dans l’un de ces poèmes le message qu’il transmet et qui prend un sens universel « viens, viens, qui que tu sois viens, …. » Ceci prouve bien l’espoir, l’amour, la tolérance, l’universalisme de l’Islam. Ce qui dirige les humains, c’est l’amour de Dieu qui demeure dans notre cœur.
Aujourd’hui j’aimerai remercier Eva de Vitray Meyerovitch, que la Paix, d’Allah le tout miséricordieux et sa miséricorde la protège, d’avoir transmis les messages de ce grand poète mystique à l’occident et à l’orient. J’ai eu cette immense chance de l’avoir rencontré chez elle, cette brave femme française devenue musulmane et soufi qui se considérait turque de cœur. Je n’avais que 16 ans lorsque je l’ai connu. Je traversais une période floue et difficile concernant ma propre religion. En étant turque et musulmane, beaucoup de questions traversaient mon esprit. Ayant eu l’opportunité d’aller dans une école coranique en turquie, je n’ai jamais compris le pourquoi du comment de mes questions auquel mes parents ne pouvaient me répondre. Je recherchais mon ego, l’intérieur de moi-même, le fond de l’Islam.
Mais je n’avais que 16 ans. Ma chère sœur qui a eu cette occasion de la connaître de plus près grâce au professeur d’histoire de l’université Selcuk , Prof Hasim Karpuz, rendait régulièrement visite à Eva. Un jour elle m’emmena moi et ma mère. Elle nous reçu avec beaucoup d’amour. Je pense que l’ayant vu dans son lit avec son sourire éblouissant, malade et qu’elle m’est prise la main et me donner ce baiser si chaleureux sur ma joue m’a fait comprendre le message qu’elle m’avait transmise. « Ma chère fille, lit moi , lit ton cœur, les réponses a tes questions sont là dans ton cœur » j’avais l’impression que c’était le message qu’elle me transmettait à travers son regard.
Elle était et l’est toujours comme la plus grande spécialiste du soufisme moderne de l’Occident .C’est à travers ses écrits « l’Islam l’autre Visage », « La prière en Islam », « l’anthologie du soufisme », « Konya ou la danse cosmique » et ses traductions « Mathnawi », « Le livre du dedans »(Fihi Ma fihi), «Rubai’yat », que j’ai pu découvrir non seulement le cœur de ma propre religion qu’est le soufisme, et le corps de ma propre religion qu’est l’Islam. C’est par ses écrits que je me suisintéressée à l’histoire de Konya d’ou je suis originaire, et c’est par ses écrits que j’ai pu découvrir Mawlana, ce grand penseur mystique de l’Islam. A travers ses œuvres, on sentait le courage aux préjugés qu’il y avait autour de l’Islam.
Ce qui était marquant c’était de sentir ce don, ses signes qu’elle avait d’attirer des personnages marquant tout au long de sa vie et en particulier un qu’elle a choisit comme son guide spirituel.Eva considérait Rumi comme son maître, mais elle avait quandmême un guide spirituel qui lors d’un séjour au Maroc l’avait reçu chez lui la première fois le voyant lui dit « rumi est ici » en montrant l’emplacement de son cœur.
L’amour qu’il y avait entre Mawlana etShams, sera pour moi comme l’amour qu’il y avait entre Eva et Mawlana,aussi bien de mon amour que j’ai et l’ai toujours pour Eva et Mawlana.
Pour conclure j’aimerai juste rajouter ceci : Eva était comme une lumière dans mon cœur et elle a voulu qu’on réalise son souhait qui était l’enterrement près de son maître Mawlana à Konya. Aujourd’hui son vœu s’est réalisé ou elle pourra reposer en paix. Elle nous a laissé néanmoins un message fraternel qui était le rassemblement de ses quelques amis proches. C’est grâce à ma chère sœur Mukerrem AY que j’ai rencontré Eva et grâce à Eva que j’ai rencontré Aicha Sassi, Amina Hassan, Betoule Lambiotte, Colette Nour Brahy, Mahmoud Azab et c’est grâce à elle que nous sommes ici à konya aussi bien pour son enterrement mais aussi la commémoration de la nuit de noce de Mawlana
Merci ma chère Eva, a présent tu m’a donné cet amour pour le soufisme, cet amour pout ton maitre spirtuel Mawlana, merci Eva d’avoir trouver le cœur de ma religion qu’est le soufisme, merci Eva de m’avoir montré le droit chemin a travers le dhikr , a travers cet amour que j’ai pour notre grand Divin, Allah. Merci Eva, car le message que tu m’a transmis , je l’ai fait de même de génération en génération à mes chers et respectueux amis présent avec moi au cimetière à Thiais.
Née le 5 novembre 1909 à Boulogne-Billancourt, en banlieue parisienne, Eva Lamacque de Vitray est issue d'un milieu aristocratique. Elle a suivi sa scolarité dans des établissements catholiques et opta pour une licence de droit, avant d'entamer un doctorat de philosophie avec pour sujet La symbolique chez Platon. A l'âge de 22 ans, elle épouse Lazare Meyerovitch, d'origine juive lettone. Elle devient jeune administrateur au laboratoire de Frédéric Joliot-Curie, avec qui elle s'échappe de Paris en 1940 lors de l'occupation allemande. Elle reste retirée en Corrèze pendant la guerre alors que son mari fait partie des Forces Françaises Libres . Après la Libération , elle entre au CNRS où elle devient rapidement directrice du service "Sciences humaines" et gagne sa vie en faisant des traductions. Elle fait la connaissance de Louis Massignon, avec qui elle restera très liée et qui la soutiendra lors de la mort brutale de son mari, au début des années 50. Elle découvre l'islam à travers le livre du penseur et poète Muhammad Iqbal, Reconstruire la pensée religieuse de l'islam. Après trois années d'exégèse chrétienne à la Sorbonne, elle se décide à devenir musulmane. Elle s'intéresse de très près à l'œuvre du poète persan Jalâl ud Dîn Rûmî (1207-1273) qui va la sensibiliser sur la dimension mystique de l'islam, le soufisme. Par la suite, elle se lance dans l'apprentissage du persan et publie peu après ses premières traductions de Muhammad Iqbal et de Jalâl ud Dîn Rûmi. En 1968, elle soutient sa thèse de l'Université de Paris avec comme sujet : Thèmes mystiques dans l'oeuvre de Jalâl ud Dîn Rûmî. De 1969 à 1973, elle est détachée au Caire en tant qu’enseignante à la prestigieuse université « al Azhar ». En 1971, elle effectue le pèlerinage à La Mecque et visite également Médine. Depuis 1972 jusqu'à sa mort, elle publie régulièrement des traductions commentées de Rûmi ainsi que des ouvrages en tant qu'auteur sur l'islam, le soufisme et les Derviches Tourneurs. En 1990, elle publie la traduction de Mathnawi de Rûmi, une oeuvre colossale de 50 000 vers et 1 700 pages qui est traduite pour la première fois en français. Parallèlement à son parcours d'intellectuelle, elle poursuit une quête personnelle qui la conduit à rencontrer de nombreuses personnalités engagés dans le soufisme comme Amadou Hampâté Bâ, Najm Oud Din Bammate, Khaled Bentounès ou Faouzi Skali. C'est par l'intermédiaire de ce dernier qu'elle rencontre, en 1985 au Maroc, un guide spirituel soufi vivant,Sidi Hamza al Qâdiri al Boutchichi, dont elle suivra l'enseignement jusqu'à sa mort. Elle est également très active en tant que conférencière pour exposer ses connaissances en France et à l'étranger sur Rûmî, l'islam et le soufisme. Elle enregistre plusieurs émissions pour France Culture et pour la télévision. En 1998,au cours de sa dernière conférence en Turquie, elle émet le souhait d’être enterrée à Konya.
Elle s'éteint le 24 juillet 1999, dans son appartement de la rue Claude Bernard à Paris. Elle est inhumée dans la plus stricte intimité à Thiais , en région parisienne. A partir de 2003, des démarches sont effectuées pour transférer sa dépouille à Konya et aboutissent en 2008.
photos Ş. Kucur
Le 17 décembre 2008, une cérémonie officielle accompagne la mise en terre du cercueil d’Eva de Vitray-Meyerovitch à Konya, face au mausolée de Rûmi.
Eva de Vitray-Meyerovitch (1909-1999) fut docteur en islamologie, chercheuse au CNRS dont elle dirigea le service des Sciences Humaines, traductrice et écrivain, et publia au total une quarantaine d’ouvrages et de nombreux articles.
Elle fit notamment connaître à un large public francophone l’œuvre de Muhammad Iqbal et, par lui, du grand poète persan Rûmî. Elle est également devenue une spécialiste avertie du soufisme.
Pendant 40 ans, dans son appartement de la rue Claude Bernard à Paris, elle dialogua avec des hommes et des
femmes, comme elle, en quête d’absolu.
Amie d’hommes remarquables comme Irène et Frédéric Joliot-Curie, Louis Massignon, Theilhard de Chardin,
Germaine Tillion, Amadou Hampâté Bâ, Najm od-dîn Bammate ou le fils de Muhammad Iqbal, elle fut honorée
dans plusieurs pays pour sa contribution à une meilleure connaissance des traditions spirituelles. Elle fut aussi la
première femme invitée à enseigner à l’université d’Al-Azhar au Caire.
Depuis décembre 2008, son corps repose à Konya (Turquie) à proximité du mausolée de Rûmî, qui fut à l’origine de
l’ordre des derviches tourneurs.
L’œuvre d’Eva de Vitray-Meyerovitch a largement contribué au rapprochement entre Orient et Occident. Ses
nombreuses missions au Maghreb, Koweit, Arabie Saoudite, Iran, Turquie, Soudan … témoignent de la fécondité du
dialogue des cultures.
Retrouvez plusieurs articles et témoignages sur: www.soufisme.org
Eléments Biographiques
5 novembre 1909 : naissance d’Eva Lamacque de Vitray à Boulogne-Billancourt
Années 1920 : éducation scolaire chez les religieuses à Boulogne puis à Paris.
1932 : mariage avec Lazare Meyerovitch, d’origine juive lettone.
Années 1930 : doctorat de philosophie et thèse sur La symbolique chez Platon. Naissance d’un premier garçon.
1940 – 1944 : réfugiée en Corrèze ; son mari s’engage dans les Forces Françaises Libres.
1945 : entrée au C.N.R.S. (département des Sciences Humaines) et installation au 75, rue Claude Bernard.
1945 – 1950 : rencontre avec Louis Massignon ; découverte et début de la traduction de l’œuvre de Muhammad Iqbâl
(Reconstruire la pensée religieuse, Message de l’Orient, Les mystères du non-moi, La Métaphysique en Perse...) qui lui fait découvrir Rûmî. Entrée en islam après trois ans d’exégèse chrétienne à la Sorbonne.
1955 : Apprentissage du persan et premières traductions de Rûmî. Naissance d’un second garçon.
1961 : décès de son mari.
1968 : thèse de Lettres (Université de Paris) : Thèmes mystiques dans l’œuvre de Djalâl od-Dîn Rûmî.
1969 – 1973 : détachement au Caire où elle enseigne à l’université al-Azhar.
1971 : pèlerinage à La Mecque
1970 -1980 : nombreux voyages dans le monde musulman. Activité d’enseignante, de traductrice et de conférencière.
Missions à l’U.N.E.S.C.O. où elle rencontre Amadou Hampâté Bâ. Collaboration avec Najm od-Dîn Bammate pour des émissions de radio et de télévision. Début de la traduction des 51.000 vers du Mathnawî, ouvrage majeur de Rûmî et chef-d’œuvre du Patrimoine immatériel de l’humanité, traduction des Odes Mystiques , du Livre du dedans. Publication de Rûmî et le soufisme qui sera traduit en plusieurs langues.
1990 : parution de la traduction française des 51.000 vers du Mathnawî . Traduction des Lettres de Rûmî, des Rubai’yât.
1995 : publication des entretiens avec Rachel et Jean-Pierre Cartier, "Islam, l’autre visage".
1998 : parution de son dernier ouvrage, La prière en islam.
Elle est aussi l’auteure de nombreux ouvrages qui seront traduits en plusieurs langues comme Konya ou la danse
cosmique, Mystique et poésie en Islam, Rûmî et le soufisme, Anthologie du Soufisme, La Mecque et Médine, Les Chemins de la Lumière : 75 contes soufis, Contes soufis, Le chant du soleil, Islam et Christianisme (avec Jean-Yves Leloup), Jésus dans la Tradition Soufie (avec Faouzi Skali), etc. Elle a participé en tant que spécialiste de l’islam aux ouvrages collectifs : Dictionnaire des symboles et La Traversée des signes.
24 juillet 1999 : décès dans son appartement de la rue Claude Bernard après plusieurs années de souffrance. Elle est
inhumée dans la plus stricte intimité au cimetière de Thiais, en région parisienne.
17 décembre 2008 : cérémonie de re-inhumation au cimetière des Trois Saints à Konya, face au mausolée de Rûmî.
Thèmes mystiques dans l’œuvre de Djalâl ud-Dîn Rûmî, thèse Lettres Paris, 1968.
Rûmî et le Soufisme, éd. du Seuil, c1977 (réédité en 2005, collection Points Sagesses). Ouvrage traduit en anglais, roumain, portugais, bosniaque et tchèque.
La Prière en Islam, éd. Albin Michel, c1998 (réédité en 2003, Albin Michel, coll. Spiritualités vivantes). Ouvrage traduit en italien et en turc.
Mystique et Poésie en Islam, éd. Desclée de Brouwer, c1972, 1982.
La Mecque : ville sainte de l’islam, éd. Laffont, 1987. Ouvrage traduit en italien, en allemand et en turc.
Konya ou la Danse Cosmique, éd. Renard, 1990. Ouvrage traduit en turc.
Jésus dans la Tradition Soufie, co-écrit avec Faouzi Skali, éd. de l’Ouvert, 1985 (réédité et complété en 2004, Albin Michel). Ouvrage traduit en italien, en espagnol et en catalan.
Islam, l’autre Visage, éd. Albin Michel, 1995. Ouvrage traduit en espagnol, en anglais et en turc.
Islam et Christianisme, avec Jean-Yves Leloup, éd. de l’Ouvert, 1984.
Les Chemins de la Lumière : 75 contes soufis, éd. Retz, 1982. Ouvrage traduit en espagnol.
Le Chant du Soleil, éd. La Table ronde, 1993. Ouvrage traduit en espagnol et en turc.
Le Chant de Rûmî, éd. La Table Ronde, 1997 (coll. Les petits livres de la sagesse).
Anthologie du Soufisme, éd. Sindbad, 1978., (réédité en 1986 et en 1995, Albin Michel, coll. Spiritualités vivantes, 132). Ouvrage traduit en italien.
Traductions du persan
Les Secrets du Soi, de Muhammad Iqbal, éd. Albin Michel, coll. Spiritualités vivantes, 2000.
Rubaiy’at, de Jalâl ud Dîn Rûmî, avec de la collaboration de Jamshid Murtazavi, éd. Albin Michel, c1993, réédité en 2003, Albin Michel, coll. Spiritualités vivantes.
La Roseraie du Mystère, de Mahmud Shabestari, avec de la collaboration de Jamshid Murtazavi, éd. Sindbad, 1991.
Les Quatrains de Rûmi, de Jalâl ud Dîn Rûmî, avec de la collaboration de Jamshid Murtazavi, Albin Michel, 2000.
La Parole Secrète, de Sultan Valad, avec de la collaboration de Jamshid Murtazavi, éd. du Rocher, c1988.
Odes Mystiques, de Djalâl od-din Rûmî, éd. Klincksieck, 1973, réédité en 2003, Points Sagesses.
Mathnawi, de Jalâl ud Dîn Rûmî, avec de la collaboration de Jamshid Murtazavi, éd. du Rocher, 1990.
Maître et Disciple, de Sultan Valad, éd. Sindbad, 1982.
Le Livre du Dedans, de Jalâl ud Dîn Rûmî, éd. Sindbad, 1975, réédité en 1982 et en 1997, Albin Michel, coll. Spiritualités vivantes. Ouvrage traduit en italien et en espagnol.
Le Livre de l’Eternité, de Muhammad Iqbal, avec de la collaboration de Mohammed Mokri,éd. Albin Michel, 1962.
Lettres, de Jalâl ud Dîn Rûmî, éd. Jacqueline Renard, 1990.
Traductions de l'anglais
Reconstruire la Pensée Religieuse de l’Islam, de Muhammad Iqbal, éd. Adrien-Maisonneuve, 1955, réédité en 1996, éd. du Rocher / UNESCO.
Mystique Sacrée et Mystique Profane, de R. Zaehner, éd. du Rocher, 1983.
La Métaphysique en Perse, de Muhammad Iqbal, éd. Sindbad, 1980.
Inde, Islam, Israël, de R. Zaehner, éd. Desclée de Brouwer, 1965.
L’Hindouisme, de R. Zaehner, éd. Desclée de Brouwer, 1974.